Tu me rends fou – Isabel Keats – Montlake

Résumé:

Entre une obsédée du contrôle et un impulsif chronique, l’amour trouvera-t-il sa place ?Ali est une vraie Miss Maniaque ! Elle ne jure que par les petits-déjeuners hyper-protéinés, les joggings aux aurores et la propreté. Mais derrière ses obsessions et son anatomie de rêve, se cache une jeune femme qui cherche désespérément à mettre de l’ordre dans ses sentiments. Ali n’est pas heureuse, du moins pas encore. Konrad, c’est plutôt Monsieur Cata, avec son quotidien sans horaires ni règles, et ses impulsions jamais refrénées, en amour comme ailleurs. Par chance, il est doté d’une prodigieuse créativité qui lui permet de bien vivre sans se priver. Konrad croit être un homme heureux, mais c’était sans compter Ali…Si les contraires s’attirent, la rencontre entre ces deux personnalités que tout oppose se révèle explosive !

Mon avis:

Je remercie NetGalley et Montlake pour la lecture de ce livre.

En le commençant, je me suis un peu demandée dans quoi je m’étais lancée.

Une sorte d’extra-terrestre qui sonne à la porte d’un voisin qui semble vivre parmi les poubelles. J’exagère, on est d’accord. Il n’empêche, ces premières pages donnent le ton: nos deux personnages sont à part. Il y a Ali qui, suite à un événement sentimental qu’elle a très mal vécu, va développer des troubles obsessionnels compulsifs qui vont la rendre maniaque à l’extrême. Son nouveau voisin? Un étrange écrivain, qui vit parmi les immondices qu’il crée lui-même et qui ne possède strictement aucune hygiène personnelle. La rencontre? Un peu, comme sous-entendu plus haut, si un Marsien rencontrait un Terrien. Pas le même look, pas le même comportement, pas le même langage.

Les bases étant posées et les extrêmes de chacun affichés, l’histoire commence véritablement. Konrad va se retrouver irrésistiblement attiré par Ali et n’aura de cesse que d’essayer de l’aider à soigner ses blessures. Pour cela, il va aider et s’aider de Jessica, une adolescente peu gâtée par la vie, qui va faire office de tampon entre ces deux adultes à l’attitude étrange. De son côté, Ali va tout faire pour le rendre  »humain ». Cela n’ira pas sans crise existentielle, catastrophe (l’un d’entre eux frôlera la mort de près, sisi..) mais surtout, l’humour sera omniprésent.

Alors oui, cela va parfois un peu loin, c’est souvent extravagant, loufoque et peu crédible, mais en fait, c’est surtout drôle, attendrissant parfois et l’air de rien, cela touche à des sujets intéressants dont on ne parle pas souvent en romance.

Je me suis bien amusée dans ma lecture, c’est un fait. Je ne dirai pas non à d’autres lectures du même genre, cela fait du bien en ces temps un peu sérieux. Un peu de rire, des bons sentiments et un moment d’évasion: moi, je ne dis pas non!

Le temps d’un été – Kristan Higgins – HarperCollins

Résumé:

Quand Emma apprend que sa grand-mère, la très chic – et très riche – Geneviève London, veut faire de sa fille adolescente son unique héritière, elle manque lui raccrocher au nez. La dernière fois que les deux femmes se sont adressé la parole, Emma avait 18 ans, elle était enceinte, et Geneviève la mettait à la porte.
Aujourd’hui psychologue diplômée (quoique bien endettée) et mère formidable (à tendance un peu parano), Emma n’a plus rien à lui prouver. Mais Geneviève a ses raisons et les invite, le temps d’un été, à reformer une famille. Si c’est la dernière occasion pour Riley de rencontrer son aïeule, Emma peut bien retourner à la maison de son enfance. Pardonner à la vieille sorcière, en revanche, c’est hors de question  !

Mon avis:

Je remercie NetGalley et HarperCollins pour la lecture de ce livre. J’ai découvert Kristan Higgins il y a quelques mois et n’ai pas pu résister à découvrir ce titre.

En soi, c’était une lecture agréable, fluide et qui m’a fait passer un bon moment. Cependant, je regrette un peu le caractère nombreux des sujets qui, s’ils étaient sensibles et bien traités, étaient un peu trop… nombreux justement. Je m’explique.

Comme dans les autres romans que j’ai lu d’elle, j’ai retrouvé une pléiade de personnages plus attachants les uns que les autres, humains et chacun avec une personnalité unique.

Il y a par exemple Emma, une trentenaire qui vit avec son grand-père maternelle et sa fille Riley, qu’elle a eu à 18 ans alors qu’elle vivait avec sa grand-mère.. paternelle, froide comme la glace, riche comme pas permis et qui l’a mise dehors lorsqu’elle avait appris la grossesse de sa petite-fille. Emma a dû se battre, se construire seule même si son grand-père a su être là pour lui offrir un toit. Elle s’est endettée, étudié tout en travaillant et élevant sa fille, tout ceci pour enfin obtenir son diplôme de psychologue. Sa fille, Riley, est une adolescente très mature, intelligente, et aussi rousse qu’enjouée. Elle est très proche de sa mère et avec leur grand-père, ils forment une belle famille, pauvre mais soudée.

En face, il y a le père absent de Riley, qu’Emma redécouvrira au travers de l’intrigue, mais surtout, il y a la grand-mère paternelle, Geneviève. Elle est tout simplement insupportable, désagréable, snob, froide et… seule. De fait, si son comportement a souvent été loin d’être exemplaire, si ce n’est tout le contraire, au fil du roman, j’ai appris à la connaître et à défaut de l’excuser, j’ai pu la comprendre. Et c’est quelque chose que Kristan Higgins sait très bien faire: décortiquer l’âme humaine.

Et, et, et, malgré tout, j’ai ressenti trop de secrets, de non-dits qui ont conduits de trahisons en drames familiales et détruit tellement de vie. Alors oui, au final, Geneviève va pouvoir se réconcilier avec la vie et Emma avec son passé, mais à quel prix? Pourtant, les sujets sont importants et elle les traite avec beaucoup de finesse: la mort, le deuil, l’éducation, les choix de vie, la famille, le devoir familial (ou pas, en fait..). J’en oublie d’autres, mais ce que je veux dire, c’est qu’au final, j’ai trouvé bien trop de douleurs en chaîne et cela m’a un peu empêchée de prendre autant plaisir que ce que j’aurais pu.

En somme, j’ai trouvé que l’autrice a voulu dire trop de choses mais en dehors de ça, sa plume, sa manière de décrire et faire évoluer ses personnages sont toujours aussi plaisants. Un agréable moment avec, toujours à la fin, un bel espoir pour l’avenir.

[Bilan lectures] Août et Septembre 2020

Ces deux mois, il a s’agit pour moi de rattraper des lectures en retard.. et de les chroniquer. Il me manque d’ailleurs encore deux chroniques!

 »Le collège maléfique » a été une bonne découverte, comme toujours avec Cassandra O’Donnell. Une jolie dose de mystère pour une lecture jeunesse des plus prenantes.

L’Immortelle T2 vient d’autre autrice suisse. J’avais adoré le 1er tome et si j’ai eu un peu de mal à me replonger dans le livre, j’ai finalement été happée par l’histoire et attend la suite avec impatience.

Le temps d’un été aurait pu être un coup de coeur, malheureusement l’autrice a voulu y mettre trop de choses et j’ai trouvé que l’histoire était un peu lourde. Cela reste du Higgins, avec son talent de conteuse et des personnages attachants, mais ce n’est pas mon favori. Chronique à venir.

Vaisseau d’arcane a été une petite perle livresque. Adrien Tomas soigne ses écrits avec un soin qu’on ne peut que remarquer!

Oups, je crois que je t’aime est une courte nouvelle qui a été très agréable à lire.

Les trois soeurs a été écrit par Nora Roberts, une de mes autrices favorites. C’est une brique réunissant trois histoires, j’ai beaucoup aimé. Je ne pense pas le chroniquer.

L’héritage des Darcer T1 de Marie Caillet était une relecture. Enfin, en quelque sorte, étant donné que ma 1ère lecture date de 2010 ^^ J’essayerai de lire le second tome qui se trouve dans ma PAL prochainement.

Tu me rends fou est une lecture légère et drôle qui m’a agréablement changer les idées. Un moment de détente qui m’a fait du bien.

En soi, 8 livres, un peu plus de 3500 pages sur les deux mois. Beaucoup de lectures douces, pour une pauvre moi-même toujours très fatiguée 😉 J’espère que cette fin d’été et ce début d’automne vous a offert des belles choses, des bons moments et des lectures passionnantes!

Oups, je crois que je t’aime – Déborah Guérand

Résumé:

Morgane est une vraie maniaque. Elle a toujours géré son quotidien comme un chef d’orchestre guide ses musiciens : avec ordre et précision. À tel point que ses proches lui ont donné le charmant surnom de Miss Control Freak… Pourtant, elle n’avait absolument pas prévu de rencontrer un mec aussi craquant alors qu’elle était tout sauf présentable ! C’est-à-dire : trempée de la tête aux pieds, avec du shampoing dégoulinant dans les cheveux. Ce mec, c’est Joshua, le plombier aux yeux verts irrésistibles venu réparer sa douche tombée en panne. Morgane le sait : elle est en train de vivre le fantasme de beaucoup de femmes. Ce serait presque trop beau pour être vrai !

Mon avis:

Merci à NetGalleyFr et Harlequin pour la lecture de cette nouvelle.

Un drôle de quiproquo va réunir une maniaque du contrôle avec un drôle de plombier. Depuis le tout début, on devine que quelque chose cloche, que Joshua a un voire des secrets,

Entre les deux, une évidence, mais aussi la peur de faire confiance, de se laisser aller. Pour Joshua, cette situation où il peut être un autre lui permet de baisser les barrières qu’il avait érigé autour de lui tandis que Morgane va apprendre que l’imprévu a aussi du bon. Elle qui cherche à maîtriser chaque pan de son existence, de son physique, à son appartement, son travail, ses relations, elle va devoir tout revoir suite à sa rencontre avec l’énigmatique et réservé Joshua. Un homme qui ne dit pas grand chose mais qui emplit tout l ‘espace autour d’elle. Quelqu’un de très débrouillard, qui connaît la propriétaire de l’appartement et qui semble avoir beaucoup bourlingué… le mystère s’épaissit jusqu’à, bien évident, que la vérité éclate.

C’est rapide, tout doux et offre une petite fenêtre de romance qui passe tout seul. Au final, il n’y a pas besoin d’aller bien loin, pour trouver l’amour. Juste appeler le plombier et laisser faire le hasard 😉

Les Hartigans T3; Je te séduirai en baskets… et sans paillette – Avery Flynn – Harlequin

Résumé:

C’est bien connu, les hommes sont incapables de faire deux choses en même temps. De fait, il est compliqué pour eux d’envisager qu’une femme soit jolie ET intelligente. C’est en tout cas le constat qui a conduit Fallon, infirmière aux urgences et sœur de trois spécimens hyper testostéronés, à se cacher derrière de larges sweats et des baskets. Une précaution qu’elle est bien contente d’avoir prise lorsque, pour dépanner une amie, elle se retrouve contrainte de jouer les gardes-malade avec Zack, star de l’équipe locale de hockey sur glace, blessé lors d’un match. Très vite, elle comprend qu’elle n’a rien en commun avec le sportif et qu’elle est à l’opposé des bimbos peroxydées que Zack a l’habitude de fréquenter – jamais plus de deux heures cela dit. Mais, lorsqu’un paparazzi les prend en photo et informe la terre entière de « la nouvelle rencontre fracassante du beau Zack », tous deux se retrouvent enchaînés l’un à l’autre… pour le pire et pour le meilleur.

Mon avis:

Je continue à rattraper mon retard de chronique avec ce 3ème tome d’Avery Flynn etla famille Hartigan, même si ce roman-ci ouvre une porte à une autre famille, celle de l’équipe de hockey locale. On s’en doute, on a des chances de pouvoir recroiser nos personnages favoris par la suite.

Un tome tout aussi savoureux que les précèdents, si on enlève le fait que je n’ai jamais tant apprécié Fallon et que ce tome n’a pas totalement réussi à changer cet état de fait. Pour autant, j’ai aimé Zack, sa relation aux autres et malgré tout, la thématique du look qui est représenté par une Fallon habillée de façon pratique, à l’image de son caractère. Et c’est pour ça que j’ai passé un bon moment, même si je n’étais pas proche d’elle. Son personnage était bien fait, et les changements qui s’opèrent tout particulièrement chez Zack sont très intéressants à suivre.

J’ai aussi vraiment apprécié cette équipe des Ice Knights. On ne les fréquente vraiment que sur la fin, mais la façon qu’ils ont eu, de tout temps, de soutenir un Zack qui ne faisait rien pour qu’on l’aime (même si, il faut l’avouer, il n’arrivait déjà pas à s’aimer lui-même) et qui ont su lui montrer qu’il avait une famille qui le soutenait était agréable à voir. Ce n’était peut-être pas la famille qu’il s’attendait d’avoir, mais c’est tout de même une famille.

J’ai également apprécié de retrouver les Hartigan, qui sont impossible et peut-être, non certainement, attachants à cause de cela. Quand on est bien dans une atmosphère livresque, il n’y a rien de tel que de pouvoir y rester un moment. C’est pourquoi, tome après tome, j’ai plaisir à y retourner, retrouver une famille et amis qui m’apportent un moment de douceur toujours bon à prendre.

Petit bémol à mon sens, toujours cette histoire de final sur un mariage. J’apprécie les romances, vraiment, mais c’est vrai que ce final par un mariage alors que parfois les personnages étaient à peine en couple est un peu limite pour moi. Voilà, je le dis pour être honnête, mais je ne m’arrête pas non plus là-dessus.

En résumé: un personnage féminin qui ne m’a pas aussi convaincue que les autres, mais un très bon moment lecture, une nouvelle thématique sur la pression que subissent les femmes au quotidien amenée une fois encore intelligemment, des personnages attachants, une belle atmosphère et une histoire qui fait tout simplement du bien.

Merci à Harlequin et NetGalleyFr pour la lecture de ce tome!

Tome 1: Qu’est-ce qu’elle a ma gueule?

Tome 2: Tu craqueras pour moi… et mes poignées d’amour!

Swan Hill T1; Les pionniers – Anna Jacobs – Archipel

Résumé:
Si, dans les années 1860, Singapour a tout d’une destination exotique, elle n’en reste pas moins une ville impressionnante pour Isabella, jeune Anglaise sans le sou, orpheline depuis la mort de sa mère.
Ne trouvant pas de place de gouvernante, elle accepte l’offre de M. Lee, un riche marchand chinois. Elle s’installera chez lui et lui enseignera l’anglais. Deux ans plus tard, ce dernier lui présente Bram Deagan, un Irlandais ambitieux souhaitant s’installer en Australie et y ouvrir un négoce. M. Lee pousse Isabella à épouser Bram et à le suivre dans l’aventure…
Début d’une fresque qui verra Isabella et Bram tenter de s’inventer une vie nouvelle dans la colonie de Swan Hill, au cœur de l’Australie sauvage. Mais la vie réserve des dangers, parfois des infortunes. Le bonheur sera-t-il au bout du voyage ?

Mon avis:

Je me régale chaque fois avec Anna Jacobs. Et quel bonheur de retrouver l’univers australien avec cette nouvelle saga. Encore une fois merci aux éditions de l’Archipel et à NetGalley.

Ce livre, c’est la rencontre deux deux personnes qui vraiment, n’auraient jamais dû se rencontrer, encore moins se marier. Isabella, à Singapour, n’est pas passée loin d’un sort assez sordide, orpheline et sans argent qu’elle était alors. Mais Mr Lee est passé par là, un Chinois très malin, intelligent et opportuniste à ses heures.

Bram fait partie de ses hommes travailleurs, sérieux mais sans argent et comme beaucoup, l’Australie et ses promesses d’avenir l’appellent. Il est sensible, respectueux des autres et de trop basse extraction pour qu’il puisse espérer un mariage avec une femme du rang d’Isabella.

Mais voilà, la vie a été dure avec Isabella et Mr Lee est passé par là. C’est ainsi que grâce à son support, le jeune couple va vouloir se lancer dans l’ouverture d’un bazar, dans une ville qui manque encore de denrées aussi basiques que le bois… ou de meubles. Bram étant très travailleur et Isabella sachant tenir un commerce, ils sont persuadés d’avoir là leur chance de mener une belle vie.

On retrouvera des personnages de  »Swan River », pour mon plus grand bonheur. Je n’ai toujours pas lu le 3ème tome de cette trilogie, mais ce n’était embêtant en rien et il n’y avait pas vraiment de spoilers étant donné que ce qui est expliqué, je l’avais déjà pressenti 😉

J’aime toujours cette plume, l’atmosphère qu’Anna Jacobs arrive à dépeindre. C’est plein d’espoir, de chaleur humaine. Il y a toujours ceux qui essaient de faire du mal autour d’eux, mais connaissant l’autrice, je n’ai pas été tellement inquièté par ces derniers.

Si j’ai donc adoré retrouver l’autrice et l’Australie, j’ai eu un peu plus de peine avec l’intrigue, que je trouvais très simple en fait. D’autant plus qu’Isabella a fini par être un peu trop en arrière-plan à mon goût, contrairement à un autre personnage féminin que j’ai toutefois beaucoup apprécié et qui est Flora.
Mais voilà, la lecture était tellement fluide, les personnages, principaux et secondaires, si attachants que je me suis retrouvée embarquée sans peine. J’ai passé un bon moment, comme chaque fois et me réjouis de découvrir et la suite de Swan Hill, et le dernier tome de Swan River.

Vaisseau d’Arcane T 1; Les Hurleuses – Adrien Tomas – Mnémos

Résumé:

Au Grimmark, la magie peut foudroyer en un éclair. Ses victimes, les Touchés, ne sont plus jamais les mêmes : ils possèdent une incroyable puissance, mais leurs esprits sont à jamais anéantis.
Lorsque son frère Solal est frappé par l’Arcane, Sof, infirmière raisonnable et sans histoire, décide de tout risquer pour le sauver du destin de servitude qui l’attend. Dans leur fuite éperdue à travers les steppes infinies et les forêts boréales, ils découvriront un monde sublime et redoutable.
Mais leur liberté est vue comme un affront, leur existence même comme un blasphème. Dans leur ombre, des factions s’affrontent, tissant autour d’eux un écheveau de machinations dont elles tirent les fils avec une virtuosité machiavélique.
La magie n’est pourtant pas une puissance qui se dompte…

Mon avis:

Je remercie infiniment les éditions Mnémos pour l’envoi de  »Vaisseau d’Arcane ». J’ai découvert Adrien Tomas grâce à  »Engrenages et sortilèges » et eu un coup de cœur pour ce dernier. Ma chronique ICI. C’est donc avec impatience et beaucoup de curiosité que j’ai entamé ‘‘Vaisseau d’Arcane », se passant dans le même monde que son prédécesseur jeunesse mais dans un autre lieu, avec d’autres personnages et pour un public adulte.

L’univers est dense, bien travaillé et complet. En débutant le livre, j’ai directement senti me trouver à un moment charnière du Grimmark. Ce genre de moment où il paraît évident que la situation ne peut rester comme elle est. De là à imaginer la tournure que prendra le roman, il y a un pas que je n’avais pas osé franchir. J’ai été agréablement surprise par l’ampleur des complots et stratégies mis en place pour en arriver là. La fin est intéressante, surprenante et logique en même temps.

Les personnages m’apparaissent une nouvelle fois comme un point fort du récit.

Il y a Sof et Solal, d’apparence assez simple: une fratrie orpheline. L’aînée infirmière, le second journaliste et beau garçon. Et comme Nym le comprendra bien vite, ils sont un peu plus que ça. Sof a un immense potentiel en elle, qu’elle a toujours gardé enfermé au plus profond d’elle. Au fil des ans, elle a emmagasiné des connaissances et des capacités qu’elle saura mettre à profit à l’instant clé. Elle ne paie pas de mine, pourrait-on dire. Mais cela ne veut pas dire qu’elle est faible et malléable.

Solal est quelqu’un qui me semblait davantage lisse, jusqu’au moment où j’ai dû admettre qu’encore une fois, je m’étais trompée. Forcément, avec son statut de Touché, il est plus difficile de voir apparaître une progression typique chez tout personnage de roman, mais pour autant, quelques sauts dans le temps m’ont permis de voir qu’il était un peu plus cachottier que ce qu’il paraissait tout d’abord.

Il y a enfin Nym. Assez extraordinaire ce personnage. Insaisissable, même lorsqu’on croit avoir compris. Intelligent, intuitif, solitaire. Un opérateur, soit un enquêteur de premier plan, stratège et assassin. Si j’ai trouvé un peu mince le fil le menant auprès de Sof et Solal par rapport à sa mission, j’ai beaucoup aimé ce personnage qui promet une suite intéressante. Car pourquoi est-ce que la fin de ce livre serait la finalité ultime de ses manigances? Pourrait-il vouloir aller plus loin, intrigué plus avant encore? A ce stade, je me dis que tout est possible.

Un autre point fort du roman est, à mes yeux, les multiples races rencontrées: les humains, les pixies, les Orcidiens, les Poissons-Crâne… et il y en a certainement d’autres. Les préjugés qu’ils se portent entre eux ressemblent très légèrement à ce qu’on peut retrouver dans notre vie. Et c’est ironique! Pourquoi est-ce qu’une créature à la peau végétale serait stupide? Pourquoi est-ce qu’un mode de vie, parce qu’il est différent du nôtre, serait forcément mauvais, de moindre qualité? Où est-il noté que l’être humain est supérieur?

La magie est traitée de manière très intéressante dans ce livre. Dans le premier, il est vrai qu’on suit Cyrus qui essaie de pratiquer une magie qui lui échappe un peu en opposition à Grise qui touche à la mécanique. Ici, on entre dans le vif du sujet, avec l’origine même de la magie. Et si tout n’est pas expliqué, les pistes proposées par l’auteur sont intrigantes et m’interpellent sur la suite. Comment tout ça va-t-il évoluer… et terminer?

Et enfin, il y a la plume. En lisant, je sentais tout le travail qu’il y avait derrière. L’auteur porte un grand soin à son écriture et franchement, le résultat est là. C’est terriblement bien écrit. J’ai trouvé tellement agréable de lire ce roman! C’est soigné, et pourtant, il n’y a pas la lourdeur que j’ai pu parfois retrouver dans des textes à l’écriture un peu trop relevée. Ici, c’est un parfait assemblage entre une belle écriture et une lecture fluide. Je l’avais déjà remarquée dans  »Engrenages et sortilèges », et c’est un plaisir de retrouver une nouvelle fois cette belle plume. Suivant l’auteur sur les réseaux sociaux, je sais le soin qu’il porte à son travail. Eh bien ça se voit 😉

En résumé, voici un excellent roman de fantasy entre une intrigue bien ficelée, des personnages principaux et secondaires qui portent ce roman de bout en bout, une magnifique écriture et un univers qui recèle encore bien des mystères! Plus qu’à attendre la suite!

Mers mortes – Aurélie Wellenstein – #PLIB2020

Résumé:

Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts. Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes. Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités. L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme. Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains…

Mon avis:

Une lecture à la thématique sensible et diablement bien mise en avant. Je trouve tellement important que des écrivains en parle. Car non, on ne parle jamais trop d’écologie, du respect envers la Terre, les animaux… autrui! Ici, Aurélie Wellenstein mélange ce thème à du fantastique et le moins que je puisse dire, c’est que le rendu est assez extraordinaire. J’ai adoré l’univers, ce côté sombre que je retrouve dans chacune de mes lectures de cette autrice. J’ai aimé l’originalité, une fois de plus, qui se dégage de ce nouveau monde effrayant et cruel. Je manque de mots pour vous en parler, mais malgré le suspense omniprésent, la peur presque permanente, le danger, la mort qui rôde, je me dois d’avouer que je me sentais bien cette lecture.

Oural, le personnage principal, n’a pas réussi à m’atteindre comme je l’aurai esperé même s’il reste très intéressant à suivre. Sa relation avec… vous verrez… est poignante et intriguante. Elle m’a bien plu, cette amie interdite. Non moi le personnage qui m’a emportée, qui a attisé ma curiosité et dont j’aurais aimé en savoir plus, c’est Bengale. Un pirate. Ou pas.
Bengale, c’est un être si complexe qu’un seul livre ne pouvait pas en faire le tour. Je connais les habitudes en one-shot d’Aurélie Wellenstein et n’ai donc aucune attente concernant un retour du personnage, mais vraiment, je n’aurais pas refusé plus de temps avec lui. Sa relation avec Oural est ambivalente et je l’ai franchement appréciée. Il y avait un côté sincère et désespéré qui m’a touchée.

Ce qui m’a manqué, au final, c’est la sensation d’une fin à peine plus explicative. Ou complète. Il m’est resté des interrogations, ou des points un peu flous qui m’ont travaillée sans que j’arrive à éclaircir cette histoire. Aurélie Wellenstein est dure avec ses personnages, mais la connaissant, je m’y attendais et il est vrai que les mondes qu’elle crée ne peut pas offrir de fins roses. Cela ne collerait absolument pas! Je la trouve donc tout à fait cohérente à ce niveau.

En résumé: chapeau pour cet univers incroyable, pour cette intrigue haletante, pour ces personnages explosifs, pour cette écriture encore une fois terriblement descriptive et envoûtante et j’insiste sur ce dernier point. Malheureusement, il m’a manqué deux-trois choses sur la fin qui m’a empêchée de ressentir le fameux coup de cœur. Pas grave, je me suis régalée sur tout le reste!

 #ISBN9782367406602 #PLIB2020

logoplib2020

Je suis fille de rage – Jean-Laurent del Socorro – #PLIB2020

Résumé:

1861 : la guerre de Sécession vient de commencer. Du général Grant à la simple soldate, de la forceuse de blocus à l’esclave affranchie… Autant de personnages pour décrire tous les visages de cette Amérique ensanglantée pendant quatre années de conflit.

La mort se réincarne pour arpenter ce Nord et ce Sud qui se déchirent. Elle va faire face à celui qui la convoque, le président Abraham Lincoln, pour lui faire comprendre que cette guerre doit désormais épouser une cause plus grande : celle de l’abolition de l’esclavage.

Mon avis:

Un livre magnifique, relié, à la couverture sublime et à l’intérieur très soigné. Ce livre, je l’aurais acheté ne serait-ce que pour la beauté de l’objet.
Mais ce n’est pas tout. Jean-Laurent del Socorro est un auteur que je n’avais encore jamais lu. Et pourtant, à force de le croiser aux Imaginales et en particulier durant les conférences, je savais que ses écrits me plairaient énormément. Forcément, pour une grande passionnée de l’Histoire que je suis, c’était plutôt bien parti.

Ce livre me faisait néanmoins un peu peur. Je n’arrivais pas à me convaincre que l’auteur avait réussi à écrire quelque chose d’assez clair pour que je ne me perde pas entre les différents camps, d’autant plus que je connaissais bien mal l’histoire de la Guerre de Sécession. Et lorsque j’ai vu l’intérieur du livre, j’ai été partagée entre: c’est magnifique et comment vais-je pouvoir me sentir à l’aise dans ma lecture avec une approche ressemblant à celle d’un documentaire? Pourtant, je voyais les autres lecteurs avouer avoir eu les mêmes craintes que moi et… avoir adoré le livre. Je me suis donc lancée.

Et c’est vrai, en une trentaine de pages, j’avais pris le pli. Dire que c’est maîtrisé est un euphémisme. Jean-Laurent del Socorro m’a emportée avec son mélange de fiction et de faits historiques avec une facilité déconcertante. C’était prenant, la petite taille des chapitres aidant, et terriblement humain. Dans ce livre, il n’y a pas de parti pris même s’il est évidemment plus facile pour moi de soutenir la cause de l’abolition de l’esclavage. Mais là n’est pas le but du livre. Il montre les humains à la guerre, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs croyances et leur aveuglement. Et surtout leurs différences!

J’ai terriblement apprécié l’humanité de cette multitude de personnages. Je me souviens de l’un d’entre eux, dépeint comme un faible. Un couard. Mais qui avait des valeurs, en fait, totalement à l’opposé de ce qu’on lui demandait de faire. Tout ceci pour dire que dans une guerre comme pour tout en fait, tout n’est pas noir ou blanc. Il y a une foule de nuances que Jean-Laurent del Socorro a réussi à dépeindre à travers ses personnages.

La touche fantastique: La Mort. Un personnage parmi les autres et qui va parler avec Abraham Lincoln pendant tout le récit, faisant de temps à autre une apparition sur le champ de bataille pour prélever son dû. Un personnage extraordinaire, fort mais également discret, sachant attendre son heure. Une approche intéressante pour parler d’un sujet omniprésent lors de toute guerre: les tués, les victimes involontaires. Les morts. Encore une fois, décrit avec brio.

Ce livre, c’est un écrit à part, qui ne ressemble à rien de ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Mais c’est fort, humain et écrit avec un talent qui m’a saisie au début de l’histoire pour ne me laisser qu’à la fin. Je conseille!

#ISBN9782366294774  #PLIB2020

Les brumes de Cendrelune – Georgia Caldera – #PLIB2020

les brumes de cendrelune

Résumé:

Dans le royaume de Cendrelune, les dieux épient les pensées des hommes, et leur Exécuteur, l’Ombre, veille à condamner tous ceux qui nourriraient des envies de rébellion.

Or, il semble que certaines failles existent. À l’âge de 17 ans, Céphise ne vit en effet que pour se venger. Depuis qu’on l’a amputée d’une partie d’elle-même et privée de sa famille, elle ne rêve plus que d’une chose : s’affranchir de la tyrannie du tout-puissant Orion, Dieu parmi les dieux. Et contre toute attente, il se pourrait qu’elle ne soit pas seule…

Mon avis:

(Petite chronique)

Georgia Caldera est une autrice que je croise en salon et sur les réseaux sociaux depuis pas mal de temps, mais je ne l’avais encore jamais lue.

C’est chose faite avec  »Les brumes de Cendrelune » qui fait partie des finalistes du PLIB2020.

Si j’ai eu de la peine à rentrer dans le récit, j’ai finalement été happée par l’histoire, qu’on sent bien plus grande que la trame de base ne laisse paraître. Céphise est une jeune femme pleine de colère, mais elle est également un peu perdue. Car si elle hait ce système qui lui a pris sa famille, la réalité est toutefois un brin plus complexe. Le personnage de Verlaine, lui, m’a intriguée. Il a une sensibilité qui est étonnante, vu sa position. Son rôle, sa vie est dirigée par son père, Dieu parmi les Dieux. Pour autant, agir au nom de son géniteur peut-il l’absoudre des conséquences de ses actes? Est-ce que cela peut tout justifier?

Pas sûr, et Céphise compte bien le lui montrer.

Ce que j’ai adoré, dans ce roman, ce sont donc les personnages. Ils sont intrigants, un peu hypnotiques. Ils sont entiers, humains, pas parfaits. On sent, au-delà des apparences, qu’il y a encore beaucoup à découvrir d’eux. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, je pense notamment à Héphaïstos qui, je pense, nous réservera de belles surprises.

Pour autant, les descriptions m’ont manquées. Je ne sais pas s’il n’y en avait pas assez à mon goût ou si simplement, elles ne me parlaient pas, mais je n’ai pas réussi à m’immerger visuellement. Et pour moi, c’est important. J’aime voir défiler des lieux inconnus sous mes yeux, avoir l’impression d’y être et d’évoluer avec les personnages. Dans ce roman, cela m’a manqué. C’est le seul point qui m’a dérangée dans ma lecture, mais je l’ai fortement ressenti et mon confort de lecture en a un peu pâti.

En résumé: des personnages forts et entraînants et une intrigue prometteuse. Cependant, une descriptions qui ne m’a pas convenue et qui m’a empêchée de pleinement profiter de ma lecture. Le 2ème tome est cependant d’or et déjà présent dans ma liseuse!

#ISBN9782290165614

 

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